Les enjeux de la visite du président Trump en Arabie Saoudite

Le 29 Janvier dernier, Donald Trump signait son premier décret présidentiel, destiné à interdire l’accès aux Etats Unis à certains ressortissants de pays musulmans au motif d’un « enjeu sécuritaire » après les attentats de San Bernardino et d’Orlando. Malgré le fait que 15 des 19 pirates de l’air du 11 septembre étaient Saoudiens, ce pays n’a jamais figurer parmi les concernés, montrant dès le début du mandat de Trump, une volonté de ne pas provoquer d’antagonisme entre les deux pays.

Les relations entre l’Arabie Saoudite et les Etats Unis peuvent être qualifiés de stables depuis 1945 et le pacte de l’USS Quincy qui ont permis grâce à des intérêts mutuels notamment dans le domaine pétrolier et militaire de faire du royaume Wahabbite le principal allié américain dans la région.

Pourtant, et notamment après l’investiture de Barck Obama en 2008, cette alliance a perdu de sa superbe, marqué récemment par le vote par le congrès d’une loi (finalement bloqué par Obama) visant à accorder aux victimes du 11 septembre des possibilités de réparations auprès du royaume Saoudien, laissant insinuer une implication de l’état arabe dans cette attaque.

Le 20 Janvier 2016, la visite de Barck Obama sur le sol Saoudien avait ainsi été marqué par un acceuil glacé, le roi Salman n’étant pas présent pour accueillir le président américain, dont l’arrivée n’avait pas été retransmise en direct sur la télévision nationale. Pour les Saoudiens, les principales divergences sont avant tout dus à la réorientation de la politique de Barack Obama. Son recours croissant au soft power et tentant de régler de manière pacifique les divergences encore existantes avec certains ennemis historiques des américains. La signature de l’accord nucléaire sur l’Iran le 14 juillet 2015 a ainsi été très mal percue du côté de Riyad, pour qui la lutte contre les terroristes Houtites soutenus par Téhéran doivent être la priorité. L’assaut de l’ambassade Saoudienne par des manifestants l’année dernière n’a que servi a renforcer ces antagonismes.Présenté par Obama comme l’aboutissement de sa politique étrangère, l’accord nucléaire est également percu comme une réorientation de la politique étrangère américaine, où la priorité du gouvernement serait Les intérets historiques américains et notamment pétroliers sont également moins apparents, l’essor du pétrole de chiste ayant permis aux USA en 2011 de satisfaire près de 60 % de leur pétrole sans recourir à des importations pour la première fois depuis 1995.

Dans ces conditions, Donald Trump apparaît en quelque sorte comme un espoir pour les Saoudiens. Malgré ses propos ouvertement islamophobes et l’attachement de Riyad à la question religieuse, aucune divergence n’a semblé apparaître entre les deux parties depuis l’annonce par le milliardaire de sa candidature. Vu comme un cataclysme en Iran ou en Europe, l’élection de Donald Trump a elle été vécu, au moins par l’état major Saoudien comme une grande nouvelle. Trump, comme bon nombre de sénateurs Républicains n’est pas favorable au deal nucléaire conclu avec les Iraniens, étant plus proche d’une idée de « paix impossible » Reaganienne qu’a un recours au Soft Power afin de stabiliser la région, comme avait pu le faire Obama ou Jimmy Carter avant lui.

Même si il est peu probable que Trump se désengage du deal nucléaire (les intérêts de stabilité dans la région sont beaucoup trop importants), il pourrait chercher à remettre en question la tentative de réconciliation entamée par Obama, comme l’a montré sa tentative d’interdire aux ressortissants Iraniens l’accès aux etats Unis sur le principe de la lutte contre le terrorisme.

Touché cette semaine par un missile Houtite sur leur territoire, les Saoudiens se sentent plus menacés que jamais et voient beaucoup l’arrivée de Trump au pouvoir comme un tournant dans leur implication au Yémen, où les troupes de Bin salmane mènent une guerre sans relâche depuis 2014 afin d’empêcher l’arrivée au pouvoir des « Houtites » soutenus par l’Iran . Barack Obama avait lui jugé prioritaire la lutte contre Daech et montré quelques divergences à octroyer des armes à l’Arabie Saoudite pour le Yémen, suspendant un programme d’armement en 2015 .

Trump, lui se prépare à signer avec les Saoudiens de juteux contrat militaires, incluant un système de défense anti-missile ainsi que des véhicules de combat. Principal client des Etats Unis dans ce domaine, le royaume Wahabbite devrait ainsi profiter de la visite de Trump pour se renforcer militairement et réaligner sa position sur celle des Etats Unis.

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