Etat des lieux de la diplomatie francaise (4/5): La relation Franco-Américaine

 

Alliés historiques depuis 1776, la France et les Etats Unis sont parvenus au cours des dernières années à batir et reconstruire une collaboration solide autour d’intérets communs. Analyse des relations actuelles entre les deux pays et de l’impact que pourraient avoir sur elles l’élection de Donald Trump à la maison blanche le 8 Novembre dernier

En 2016, la France et les Etats Unis, se retrouvant et s’accordant sur de nombreuses thématiques semblaient engagé dans une forte coopération, aboutissement d’un réchauffement des relations entre les deux pays.

Le discours de Dominique de Villepin à l’ONU en mars 2003 et la condamnation française de l’intervention en Irak avait été suivi d’une longue période d’antagonisme entre les deux pays, Bush se montrant intransigeant envers le gouvernement Chirac. L’arrivée de Baraka Obama et de son pragmatisme soucieux de dépasser l’axe Américano-britannique a changé la donne. De son côté, Nicolas Sarkozy a toujours démontré sa volonté d’œuvrer à un historique rapprochement Franco-Américain, s’illustrant notamment par la réintégration immédiate de la France à l’État major de l’Otan. Cette décision a eu pour effet outre atlantique de renforcer la crédibilité de la France sur le plan militaire et diplomatique. Même si l’Allemagne a souvent fait figure pendant les deux mandats Obama de partenaire privilégié, notamment économique, la France, puissance nucléaire et membre du Conseil de sécurité des Nations Unies a joué un rôle très important auprès de la diplomatie Américaine.

L’intervention en Syrie en 2011 et la confiance dans ce cadre de Washington au gouvernement français ( Obama a laissé Sarkozy mené les opérations ) avait déjà illustré de cette nouvelle donne).

Les interventions françaises au Mali puis en Centrafrique ont également permis de renforcer la crédibilité française.

Ces opérations ont d’ailleurs été menés exclusivement par la France, le « succès » de l’opération serval étant vu du côté de Washington comme une preuve supplémentaire que la France faisait bien partie des puissances incontournables du XXI » siècle.

En février 2014, François Hollande effectuait une visite d’État à Washington, la première de ce type pour un président français depuis 1996. De nombreux dossiers diplomatiques (Deal nucléaire Iranien, Crimée, COP 21, lutte contre le terrorisme auront impliqué les deux hommes durant le mandat de François Hollande, marqué par une encore plus étroite collaboration que celle qui s’était établi sous Nicolas Sarkozy.

La ligne dure du gouvernement français sur le dossier nucléaire Iranien a ainsi permis à la France de jouer un rôle important aux côtés des États Unis sur ce dossier, l’accord de Vienne du 13 juillet 2015 étant effectué dans le cadre du P5 + 1, où la France a joué aux cotés des États unis un rôle important.

Les relations Franco-Américaines ont surtout été très importante dans le cadre du Moyen Orient, et particulièrement la question Syrienne. La décision de François Hollande de ne pas intervenir en 2013 après le massacre de Gotha a été motivé en premier lieu par le choix du président Obama de ne pas engager d’action militaire, démontrant ici une collaboration incontournable et un travail effectué en collaboration entre les deux pays.

Le s attaques terroristes subies par la France à partir de 2015 ont également participé à cette collaboration, le gouvernement de François Hollande se joignant aux frappes de la coalition internationale en Syrie, dont les moyens et frappes proviennent en grande majorité du gouvernement Américain. La France est apparue au cours du mandat de Hollande comme un allié incontournable et très utile, notamment du fait des peu de divergences qui existaient entre les deux présidents.

L’arrêt des négociations du Tafta par la France en 2015 a néanmoins montré que des divergences existaient entre les deux pays, notamment dans le domaine économique. Le refus d’accorder aux États Unis une part trop importante du marché agricole européen a notamment motivé cette décision.

Trump, un danger pour la relation Franco Américaine ?

L’élection de Donald Trump à la maison blanche en Novembre dernier a, sans aucun doute, rebattu les cartes de la relation entre Washington et Paris.

L’imprévisibilité de l’ancien milliardaire et surtout son slogan « America First » font peur en Europe, où l’Allemagne notamment appelle à une collaboration plus étroite entre les membres de l’UE. Les premières déclarations et apparitions publiques du président Trump ont d’ailleurs renforcé ses divergences, laissant apparaître entre les États unis et l’Allemagne des tensions historiques qui pourraient empirer au cours des prochaines années, surtout en cas de réélection d’Angela Merkel cette année.

Dès son arrivée à la maison blanche, le président Américain a rappelé sa volonté de « faire payer » les autres pays de l’OTAN, Les USA étant désormais beaucoup moins enclin à jouer un rôle de gendarme et de leader au sein alliances militaires dont ils sont membres. L’intervention américaine en Syrie après l’utilisation d’armes chimiques par le gouvernement Assad a illustré la nouvelle méthode de l’administration Trump ( les services de sécurité français ont été prévenu quelques heure auparavant sans pouvoir participer à l’attaque). Si ce type de configuration se poursuit à l’avenir, l’unilatéralisme risque de prévaloir sur la coopération.

Le climat est également une autre issue où les divergences semblent profondes. Selon reuters (31 Mai), Donald Trump devrait annoncer cette semaine au congrès sa volonté de se retirer de l’accord de Paris du 12 décembre 2015 sur le climat, ce qui ferait des États Unis les seuls pays du monde avec le Nicaragua et la Syrie à ne pas être partie de ce traité.

Si un tel événement venait à se produire, il ternirait encore plus les relations Franco Américaines, d’autant que la France, organisateur de la COP21 s’est posé aux cotés de la surprenante Chine comme un leader et fervent partisan de la lutte contre le climat.

La question dans un cadre plus large est, comme le suggère Angela Merkel , peut on réellement se passer des États Unis ou l’Europe reste dépendant.

Dans le contexte actuel, il faut sans aucun doute dépasse les représentations de la guerre froide, les États Unis disposant aujourd’hui de « seulement 15 % des capacités globales contre 40 % en 1945. La notion d’hyperpuissance employé par Hubert Védrine pour caractériser l’Amérique post guerre froide de Bush et Clinton semble révolu, les Etats Unis jouant un rôle de moins en moins important au sein de l’Union Européenne. Il suffit de comparer la sortie de crise Ukrainienne avec la gestion des guerres en Yougoslavie dans les années 1990, où l’Europe et notamment la France étaient apparus comme incapable d’assurer sa propre sécurité.

Les volontés d’augmentation de la défense au sein de l’UE, le réarmement de l’Allemagne et la recherche de nouveaux débouchés économiques (Chine , Japon) démontre d’une effectivité, la France , dans la continuité de la politique du général de Gaulle est loin d’être dépendante des États Unis. La relation entre les deux pays est surtout subordonnée à l’existence d’intérêts communs, qui pourraient se trouver dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, où l’administration tramp devrait continuer sa coopération avec le gouvernement français. L’encourageante première rencontre entre Trump et Macron peut déjà être vu comme un signe que ,malgré les divergences existant actuellement entre les deux parties, l’importance de la France sur la scène internationale (désormais seule pays de l’UE détenteur de l’arme atomique et membre permanent du CS) devrait lui conférer un statut de partenaire incontournable pour l’administration Trump.

Amical envers Trump, Emmanuel Macron s’est également montré pendant le G7 et le sommet de l’OTAN, très proche de Justin Trudeau. Le premier ministre Canadien, qui a lancé son pays vers une politique d’ouverture à l’international apparaît comme un potentiel allié majeur de la France, les positions actuelles Canadiennes convenant beaucoup mieux à Paris qu’a celles pronés par Donald Trump.

Fervent défenseur du climat, engagé dans la lutte contre le terrorisme, Justin Trudeau vise à terme à devenir un acteur majeur sur la scène international, où le Canada pourrait remplacer les Etats Unis. Les négociations du CETA qui devraient aboutir au cours de l’année démontrent de cette volonté mutuelle des deux camps (UE, Canada) de procéder à un rapprochement sans que cela implique les Etats Unis. Le Canada pourrait ainsi devenir un allié de première importance dans le domaine économique et la lutte contre le réchauffement climatique, dossiers sur lesquels Donald Trump risque de ne pas répondre aux attentes des dirigeants Européens, à commencer par la France.

Les Etats unis restent néanmoins la première puissance militaire mondiale, et leur rôle dans le règlement des conflits mondiaux les rendant incontournables. L’enjeu majeur de la lutte contre le terrorisme ne pourra également se faire qu’en coopération avec Washington, Macron semblant ouvert à une poursuite de la politique d’ouverture et de rapprochement effective depuis 2007.

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